Sur une image prise par drone, deux toitures voisines n'ont pas la même couleur. L'une renvoie une lumière presque blanche ; l'autre apparaît gris foncé. La première est-elle nécessairement plus fraîche ? Et la rue bordée d'arbres est-elle vraiment moins chaude que la place minérale située à côté ? Une photographie classique peut aider à poser ces questions. Elle ne peut pas, à elle seule, y répondre par une mesure de température. La couleur visible n'est pas un thermomètre Un capteur photographique ordinaire enregistre la lumière visible. Le rendu dépend de l'éclairage, de l'exposition, de la balance des blancs, de l'ombre et des réglages de traitement. Une surface claire peut réfléchir davantage de lumière visible, mais sa couleur dans le fichier ne donne ni sa température exacte ni la température de l'air au-dessus du toit. Il faut aussi distinguer la matière de la surface, son état, l'humidité, l'heure et les conditions météorologiques...
Après une averse, une photographie aérienne peut montrer des taches brillantes au milieu d'un terrain sombre. Une flaque occupe le bord d'un chemin, une autre souligne une ornière, une troisième semble dessiner un petit bassin. La tentation est grande : là où l'eau reste visible, le sol serait imperméable. Pourtant, l'image ne permet pas une conclusion aussi rapide. Une flaque est un indice, pas un diagnostic Pour comprendre ce que l'on voit, il faut distinguer trois phénomènes : l'eau qui s'infiltre, celle qui s'écoule en surface et celle qui s'accumule temporairement. La présence d'une flaque peut dépendre d'un creux local, d'une pluie récente, de l'état d'humidité du sol, d'une couche peu perméable ou d'un obstacle à l'écoulement. Une seule image ne permet généralement pas de choisir entre ces explications. Le BRGM rappelle dans sa présentation du cycle de l'eau souterraine qu'une partie des précipitation...