Sur une image prise depuis le ciel, un toit peut sembler glisser sur le côté. Le sommet d'un immeuble ne tombe pas exactement au-dessus de son pied, une rue paraît plus étroite près d'une façade, et deux photos du même quartier ne dessinent pas tout à fait les mêmes contours. Faut-il en conclure que l'image est fausse ? Pas nécessairement. La photographie aérienne montre d'abord un point de vue. Pour devenir un document cartographique, elle doit souvent subir un travail supplémentaire. Un toit vu du ciel n'est pas une empreinte au sol Imaginez un petit bâtiment photographié depuis un point situé légèrement à sa droite. L'appareil voit le toit, mais aussi une partie du mur. Le toit semble alors se déplacer par rapport à la base du bâtiment. Ce déplacement apparent dépend de la position de la caméra, de la hauteur de l'objet et de la géométrie de la prise de vue. Il ne prouve ni que le bâtiment penche réellement, ni que la rue s'est déplacée. Une photo ...
Depuis le ciel, un champ peut paraître jaune alors que celui d'à côté reste vert. La différence saute aux yeux. La conclusion vient parfois trop vite : le premier manquerait d'eau, le second serait en bonne santé. Pourtant, une couleur ne donne ni l'humidité du sol, ni l'histoire de la parcelle. La photographie aérienne est excellente pour repérer une anomalie et poser une question. Elle est moins convaincante lorsqu'on lui demande, seule, d'en fournir la cause. La même couleur, plusieurs histoires Une parcelle peut changer d'aspect parce que la culture arrive à maturité, parce qu'elle a été récoltée, parce que le sol est visible entre les rangs, ou parce que la végétation traverse une période de stress. L'angle du Soleil, les nuages, l'exposition de l'appareil et le traitement des couleurs compliquent encore la comparaison. Imaginons deux champs voisins photographiés un après-midi d'été. L'un est brun, l'autre vert. Sans conn...