Sur une photographie prise du ciel, une rivière peut être brune après une pluie, tandis qu'un lac voisin paraît vert ou bleu. Deux images du même endroit, réalisées à quelques semaines d'intervalle, donnent parfois l'impression de montrer deux paysages différents. Faut-il en conclure que l'eau est devenue polluée, plus profonde ou plus propre ? Pas si vite. La couleur est un indice intéressant. Ce n'est pas, à elle seule, un diagnostic de qualité de l'eau. Pour lire une image aérienne avec soin, il faut distinguer ce qui se trouve dans l'eau, ce qui se reflète à sa surface et la façon dont l'image a été produite. Ce que l'eau transporte change ce que l'on voit Après une pluie ou une crue, un cours d'eau peut transporter davantage de particules en suspension : limon, argile ou autres matériaux arrachés au bassin versant. Ces particules diffusent et absorbent la lumière. Selon leur nature et leur quantité, l'eau peut prendre des teintes ...
Une photographie aérienne montre une place presque vide, quelques bancs et deux vélos. Peut-on en conclure que ce quartier n'est pas fréquenté ? Pas vraiment. L'image est une observation à un instant donné, dans un cadre choisi. Elle ne décrit ni toute une journée, ni les raisons pour lesquelles des personnes se trouvent — ou ne se trouvent pas — dans ce lieu. Une image fixe ne raconte pas la durée Le photographe choisit une heure, une hauteur, une orientation et une portion du paysage. Une place peut être calme au moment de la prise de vue et animée plus tard. Le cadrage peut laisser de côté l'arrêt de bus, la rue voisine ou les commerces. Même une image nette ne fournit pas une mesure fiable de la fréquentation. Il faut donc distinguer ce que la photographie montre — les personnes ou les objets visibles dans un espace délimité — de ce qu'on aimerait en déduire. « La place paraît vide sur cette image » est une description. « Personne ne fréquente cette place » est u...