Une photographie aérienne montre une place presque vide, quelques bancs et deux vélos. Peut-on en conclure que ce quartier n'est pas fréquenté ? Pas vraiment. L'image est une observation à un instant donné, dans un cadre choisi. Elle ne décrit ni toute une journée, ni les raisons pour lesquelles des personnes se trouvent — ou ne se trouvent pas — dans ce lieu. Une image fixe ne raconte pas la durée Le photographe choisit une heure, une hauteur, une orientation et une portion du paysage. Une place peut être calme au moment de la prise de vue et animée plus tard. Le cadrage peut laisser de côté l'arrêt de bus, la rue voisine ou les commerces. Même une image nette ne fournit pas une mesure fiable de la fréquentation. Il faut donc distinguer ce que la photographie montre — les personnes ou les objets visibles dans un espace délimité — de ce qu'on aimerait en déduire. « La place paraît vide sur cette image » est une description. « Personne ne fréquente cette place » est u...
Sur une image prise par drone, deux toitures voisines n'ont pas la même couleur. L'une renvoie une lumière presque blanche ; l'autre apparaît gris foncé. La première est-elle nécessairement plus fraîche ? Et la rue bordée d'arbres est-elle vraiment moins chaude que la place minérale située à côté ? Une photographie classique peut aider à poser ces questions. Elle ne peut pas, à elle seule, y répondre par une mesure de température. La couleur visible n'est pas un thermomètre Un capteur photographique ordinaire enregistre la lumière visible. Le rendu dépend de l'éclairage, de l'exposition, de la balance des blancs, de l'ombre et des réglages de traitement. Une surface claire peut réfléchir davantage de lumière visible, mais sa couleur dans le fichier ne donne ni sa température exacte ni la température de l'air au-dessus du toit. Il faut aussi distinguer la matière de la surface, son état, l'humidité, l'heure et les conditions météorologiques...